Quand le monde de la boulangerie aide les réfugiés à s'insérer en France !

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En gastronomie, plus que dans toute autre profession, les employeurs ont tendance à s'appuyer sur une main-d’œuvre à bas coût. Certains employeurs ont dépassé cette habitude en mettant en valeur le talent de leurs protégés. La gastronomie, source de transmission et de diversité.

Avec plus de 150  000 postes à pourvoir, l’hôtellerie et la restauration sont certains des secteurs où la demande d’insertion est la plus forte. En zone rurale, le constat est encore plus visible, là où les petits commerces de proximités peinent à trouver repreneurs et main-d’œuvre qualifiée.

Il y a quatre ans, Jean Claude et Nathalie Baudin, propriétaires d’une boulangerie en Ardentes, ont embauché Moussa, un jeune migrant d’origine malienne qui a fui les conflits de son pays. Au fil des années, un lien fort a uni Moussa et les deux gérants au point de renouveler l’expérience en recrutant d’autres jeunes migrants dont Mohammed et Ousmane.

Les migrants : un soutien contre les deserts ruraux ?

Crédits  : Twitter @Olivier Gérard 

Aujourd’hui en CDI, Moussa s’occupe de la confection du pain et participe activement à la formation des jeunes apprentis au parcours similaire. Autre point important, l’insertion : « Ils habitent ici, ont leur appartement. Ils font vivre les commerçants locaux. C’est de l’inclusion. » Insiste les deux propriétaires.
La venue de Moussa et des autres travailleurs étrangers est une valeur ajoutée à cette entreprise familiale : « Il est important d’avoir des jeunes et des personnalités différentes. C’est gagnant-gagnant pour tout le monde. » Souligne Nathalie dans les colonnes de la Nouvelle République.

Près de Paris, chez Levain et Tradition à Versailles, la reconnaissance résonne comme une évidence pour Younous. Ce jeune Malien de 19 ans en contrat d’apprentissage à l’EBP (école de boulangerie et de pâtisserie à Paris) a participé il y a quelques semaines au Championnat du Meilleur Jeune boulanger de France en représentant l’île de France, mais il échouera en finale nationale. Ce n’est que partie remise pour ce jeune homme ayant fui son pays. Younous manie le pain comme une œuvre d’art.

Younous Doucouré pendant le concours de Meilleur Jeune Boulanger / Photo Romain Sost

« On me donne ma chance, je veux la saisir »

Pour Younous, être boulanger n’est pas une profession mais une passion « Fabriquer du pain, c’est ma passion depuis que je suis tout petit. J’ai toujours voulu venir en France pour apprendre la boulangerie et devenir le meilleur possible » explique-t-il au Parisien.
Pari réussi pour le jeune apprenti qui fait parler de ses pains dans tout Versailles, au grand plaisir des habitués du lieu. Pour Olivier Gérard, le président des artisans boulanger des Yvelines, « Younous à tout d’un grand boulanger. Pour nous, c’est toujours une fierté de montrer que nos jeunes ont du talent. Quand on leur donne les moyens, ils peuvent réussir ». Et ça, le jeune homme au moral d’acier l’a bien compris.

Vers un accès à l’emploi plus valorisant ?

La main-d’œuvre étrangère est souvent sollicitée pour remplir le quota des emplois peu attractif, là ou les jeunes diplômés souhaitent plus de reconnaissance et un salaire en adéquation avec leurs longues formations. Cette revendication peut aussi s’appliquer pour les travailleurs étrangers : les embaucher, les faire évoluer, tout en leur permettant d’avoir une situation stable et décente auxquels tout salarié à le droit de jouir. L'avenir dira si ces cas isolés deviendront la norme.

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